La danse façon Badalamenti :Twin Peak’s OST

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Angelo Badalamenti ou l’homme qui m’a fait découvrir le magnifique univers de l’OST. Bien entendu, ce genre ne m’était pas totalement inconnu et je me surprenais à écouter du Morriconne, John Barry ou même Lalo Shiffrin (ce dernier que je porte tout particulièrement dans mon cœur, étant un de mes compositeurs de BO préféré). Je n’étais pas super réceptif aux musiques de films même si paradoxalement certaines d’entre elles m’ont poussé à visionner de gros classiques comme le célèbre et magnifique Yumeji’s Thème du tout aussi célèbre et magnifique In The Mood For Love de Wong Kar Wai.

Je crois que ce qui me dérangeait le plus, c’était la place de ses dernières que je pensais trop secondaire dans la plus part des films. Du coup je n’arrivais pas à revivre les sensations d’un film à travers sa musique (phénomènes accentué avec le principe de l’OST « compil » comme aime nous pondre Tarantino et que je considère pas vraiment comme des « bandes originales » ). Alors bien entendu, j’appréciais les qualités techniques ainsi que l’originalité de certaines (le gros trip sur synthé moog à base de Beethoven fuck yeah! d’Orange Mécanique m’a d’ailleurs vraiment convaincu). Je comprenais également que certaines OST pouvaient jouer un rôle important dans certains films allant jusqu’à annoncer certains personnages ou certaines situations ( « il était une foie dans l’ouest » ou « 2001 l’odyssée de l’espace » font tous deux d’excellents exemples) mais je ne les écoutais pas spécialement en dehors du film.

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Puis j’ai vu Lost Highway et la série Twin Peaks et là tout c’est illuminé. Le travail de Badalamanti et Lynch m’a complètement bouleversé et ouvert à cet univers. Je venais de comprendre enfin la place centrale de la musique dans une oeuvre filmique et par la même occasion l’intérêt d’écouter son OST même si elle ne s’accompagne pas d’images. J’ai depuis (ré)écouté une multitude de bandes originales avec un plaisir certain. MERCI à toi Angelo Badalamenti, tu gardera une place toute particulière dans mon cœur ainsi que dans mes oreilles au côté de Lalo Shifrin que j’écoute différemment grâce a toi.

Le moins qu’on puisse dire c’est que la collaboration Lynch/Badalamenti est extrêmement riche, fine et variée avec si je ne trompe pas 6 projets communs (de Blue Velvet à Une Histoire Vraie en passant passant par Lost Highway, Mulholland Drive et j’en passe). Il m’a donc été difficile d’en sélectionner qu’un seul pour traiter ce sujet à travers une critique d’album. J’avoue avoir grandement été charmé par Mulholland Drive et son OST mais il se trouve que mettre la main sur un vinyle de cette dernière tire de l’exploit et pousserait au régime mon compte en banque déjà au bord de l’anorexie. Blue Velvet est excellente tout comme Sailor et Lula mais n’atteigne à mon goût pas le niveau de Lost Highway et Twin Peaks. J’avoue que mon cœur à longtemps penché pour Lost Highway (et sa magnifique citation d’Antonio Carlos Jobim) que je viens récemment d’acheter.

En effet, je suis littéralement fan du film et du travail plutôt fin de Badalamenti mariant subtilement titres originaux (Dub Driving ou Fast Revisited) et comme cité plus haut les titres tiers ajoutés sur ce petit bijoux ( Insensatez, I Put A Spell On You made in Manson ou encore Something Wicked This Way Comes) tout en insistant sur le judicieux mariage de genres à travers ses dernières. Après mûres réflexion mon choix se prote sur Twin Peaks et son ambiance sombre et jazzy à souhait que je considère comme la masterpiece de Badalamenti. Je reviendrais plus tard sur Lost Highway qui aura également le droit à son quart d’heure de gloire.

Après cette longue introduction, nous allons donc nous attaquer à la magnifique OST de la mère des séries tel qu’on l’entend aujourd’hui, j’ai nommé Twin Peaks ! En effet, la célèbre bande originale de la série composé par le génie Badalamenti en 1990 à récemment été rééditée sur vinyle dans une version remastérisée des plus jouissive. Disponible depuis le 10 août 2016, il s’agit de la première et seul réédition de la bande originale disponible dans ce format en 26 ans.

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Vu que le père Noel à été généreux cette année, il m’en a offert un exemplaire. C’est un très, très bel objet, un must have pour les fans de la série, une édition collector vraiment très qualitative nous offrant un magnifique artwork exclusif arborant des jeux de textures du plus bel effet (créé par Sam Smith et approuvé par Lynch him-self) citant de manière très fine et inspiré le motif de la black lodge. La réédition propose également les paroles des titres chantés, divers notes de Badalamenti à propos de sa collaboration avec Lynch sur l’univers sonore de la série ainsi qu’une une galette couleur « damn fine cofee » (les vrais comprendrons).

Les enregistrement ont été récupérés par Death Walth dans les archives de la Warner, ils ont ensuite été remastérisés puis envoyé à Badalamenti pour qu’il valide cette dernière avant de la presser sur un vinyle 180gr. La remasterisation est très fine et ne dénature pas l’oeuvre originale. De plus grâce a un excellent pressage, l’écoute de cette dernière est à couper le souffle et nous replonge sans peine dans la série pour notre plus grand bonheur. Sautez dessus car ça part très vite et rien ne nous assure la longévité de cette réédition (il serrait bête de passer à coté d’un si beau disque). L’OST Twin Peaks made in 2016 pousse le détail a son paroxysme faisant malgré tout mains basse sur ce qui aurait été la perfection, que dis-je, la cerise d’Audrey Horne ! Un livre débordant de photos et d’anecdotes (même si la réédition nous offre l’édito de Badalamenti), comme nous proposait l’édition anniversaire de Melody Nelson. Bon ok, c’était le fanboy de la série qui chipotait, car la pièce est magnifique !

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On sort le disque de son écrin, on allume l’amplis et on écoute. Dieu que c’est beau ! L’OST est un savant mélange de pop un peu kitsch mais de qualité (Twin Peaks Theme ou Love Theme From Twin Peaks) et de jazz sombre et psychédélique (Dance Of The Dream Man ou Audrey’s Dance) propulsant mes jeunes oreilles dans un état second, proche de la jouissance. Pour ce qui est de la pop, j’avoue avoir un peu de mal lors du visionnage de la série (même si ça collait parfaitement à l’image) ainsi que lors de son écoute en numérique, mais la réédition de ces petits air frais m’a vraiment laissé sur le cul. Ça fourmille de détails et la réverbération qui sonnait un peu moche au travers de ma télévision prend ici une toute autre ampleur.

Dans la même veine, je citerais Into The Night qui, suite à l’écoute de ce bijou, s’est rapidement imposé comme étant un de mes titres préféré de la galette. Après les petites ballades pop poétiques, on vas s’attaquer aux titre jazz de l’album rattaché dans la série au déroulement de l’enquête principale qui – à l’instar de nombreuses OST – partage un thème musical commun, retravaillé, réarrangée et réorchestrée sur chacune des 5 grosses pépites de l’album. Ainsi, Audrey’s Dance joue ce thème au vibraphone, le rendant énigmatique et espiègle, excellent travail de Badalamenti car cette version du thème correspond en tous points au personnage d’Audrey Horne, systématiquement annoncée avec ce titre dans la série. The bookhouse boys quant à lui joue ce light-motif sur guitare électrique sur fond de nappe musicale très « Moog » virant au fil du titre vers une atmosphère sombre, glauque et flippante, caractérisant là encore à merveille les « bookhouse boys » mené par le shérif enquêtant sur le mystère planant sur One Eyed Jack’s.

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The Dance Of The Dream Man où le thème se retrouve ici à l’état brut, un jazz nonchalant et énigmatique qui a frappé mes oreilles dès mon premier visionnage de l’oeuvre de Lynch et Frost. Point culminant de l’album, ce titre est juste grandiose ! Figurant depuis sa première écoute parmi mes jazz préféré aux côtés d’autres chef d’œuvres comme So Wat et Jean Pierre de Davis, Watermelon Man d’Hancock ou encore Take Five de Desmond et Brubeck pour ne citer qu’eux. Le topo est simple, une rythmique chiadé mariant à merveille pinceau et claquements de doigts avec la rondeur d’une contrebasse. Dessus viens se balader des cuivres aux notes hypnotiques, valsant chaleureusement avec cette dernière. Un grand moment ! A noter que la douce ballade aux sonorités rockab’ de James et Donna n’est toujours pas de la partie (c’est regrettable car le titre est très sympa et cela aurait put être la petite exclusivité de cette réédition) mais nous l’excuseront pour cette fois. J’avoue être un peu tatillon car en soit aucun reproche ne tient réellement la route lorsque nous somme en présence d’une telle pièce.

La conclusion sera très rapide car tout est dit un peu plus haut. Ce disque est un réel bijoux comme on aimerais en voir et entendre plus souvent. La réédition rend réellement hommage à l’OST originale et ce de la pochette au contenu du disque, il n’en fallait pas moins pour une telle série. Alors si vous avez été sensible à la série et surtout à sa musique, procurez vous coûte que coûte la réédition 2016 et si vous n’avez pas encore regardé la série et bien il serrait temps de se bouger si vous voulez profiter de la saison 3 et de la vague de hype que va apporter cette dernière.

Pezzo

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